Journal d'écriture #2
Joie du moment : la méthodologie au secours des blocages et de l'inspiration !
Sans surprise, je n’ai pas du tout honoré la fréquence annoncée de ce rendez-vous. En fait, je crois que je reste mal à l’aise à l’idée de partager mon travail sur mon manuscrit actuel car mon avis sur ce que je fais varie énormément d’un jour à l’autre.
Le manuscrit du moment
Pourtant, j’avance. A intervalles réguliers. Un peu en mode “coûte que coûte”.
Beaucoup en me disant qu’on triera après et qu’il faut que j’arrête de porter un regard critique immédiat sur l’écriture en train de se faire. Il sera temps quand toute la matière sera là.
Un extrait :
Faut-il forcément faire tout son possible pour vivre au mieux sa vie, alors qu’une vie n’est qu’une vie et que personne ne viendra en noter la teneur et la qualité après coup ?
Sur quelles bases décide-t-on de nos actes ? La quête d’une forme de bonheur, l’obtention d’un inconfort aussi faible que possible ?
J’ai avancé aussi grâce à un week-end de 3 jours mi-août et à la faveur de la deadline de mon rendez-vous de coaching fin août.
Je reste terrifiée à l’idée d’être lue. Publiée et lue.
J’ai commencé ce projet en me disant que j’allais l’écrire d’abord pour moi, pour me comprendre, pour accepter, pour aller au bout d’un process. Et que ça pourrait être chouette que ça serve à d’autres, peut-être.
Je viens aussi de réécrire ma note d’intention. Vous savez, ce texte que l’on doit joindre pour soumettre un projet à une maison d’édition. Un texte qui sera lu pour déterminer, en premier lieu, l’intérêt du projet et son adéquation avec la ligne éditoriale de la maison.
Cette réécriture m’a paru beaucoup moins timide que le premier jet. J’ai fait appel à mon expérience de rédactrice pro pour prendre du recul sur le projet, essayer de le voir de l’expérience, comme si je devais comprendre et mettre en valeur le travail de quelqu’un d’autre - ce que je faisais avec les entreprises pour lesquelles j’écrivais avant.
Nous verrons prochainement si cet angle a porté ses fruits.
Des joies de la méthodologie de l’écrit
Récemment, j’ai découvert des outils et une classification des types d’écrivains qui m’a particulièrement enthousiasmée.
Tout a commencé avec une newsletter de Jeanne, qui écrit “La vie est fiction”, en tant que coach littéraire, écrivaine et ex-éditrice. Ses écrits regorgent d’expérience et de théorie applicable. En partant de ses propres difficultés et blocages dans l’élaboration d’histoires, elle aborde la théorie des 4 types d’écrivains, selon l’agent littéraire américaine Ellen Brock. Une théorie qui commence par le fait de déterminer si on est du type jardinier (se lance dans l’écriture sans plan, qui aurait pour effet de le-a bloquer) ou architecte (a besoin de faire un plan avant de commencer pour savoir où iel va). J’ai couru consulter les vidéos citées, pour comprendre quelle typologie me concernait et sur quel axe du continuum complémentaire “intuitif/méthodologique” je me trouvais.
Sans surprise, je suis une architecte à forte tendance méthodologique.
Enfin, je dis “sans surprise” parce qu’après coup, avec les explications, ça semble évident. Parce que je repense notamment aux tableaux que je faisais dans mes fichiers word, quand j’écrivais les contenus de site internet, par besoin de structurer le texte. Mais je n’avais jamais entendu parler de ces typologies d’écrivains/écrivants et je crois que j’étais bloquée avec l’image de l’écrivain qui, pris par l’inspiration, avec éventuellement quelques fiches de personnages, se lance à corps perdu dans l’écriture et aboutit naturellement à un premier jet qui se tient et qui pourra être re-travaillé avec satisfaction. Apparemment, ce type d’écrivain-là est l’exception qui confirme la règle - ou l’archétype de tout film hollywoodien qui veut nous arracher une admiration pour le génie mêlé d’abnégation qui transparait dans les images produites.
Architecte parce que même si j’ai tendance à me lancer dans l’écriture de façon spontanée comme un jardinier, je m’essouffle vite en chemin, faute de savoir où je vais. C’est ainsi que je me retrouve, comme d’autres, avec 1000 débuts d’histoires jamais terminés. Et que j’en déduis que je ne suis pas faite pour la fiction, que je n’ai pas de vraie histoire à raconter. Que mon besoin d’organiser se prête mieux à la non-fiction et que je devrais m’y cantonner.
Alors imaginez ma joie en m’apercevant que : que nenni !!!
Chaque profil a ses avantages et inconvénients et surtout, on peut être amenés à pencher plus ou moins fortement d’un côté ou l’autre, sans être l’archétype de l’un d’eux et en variant parfois selon les projets - je me dis, par exemple, que j’écrirais difficilement de la poésie en mode architecte, cela se présente plutôt en faisant principalement appel à l’intuition, en mode jardinière.
Et puis il y a le 2e continuum : méthodologique / intuitif-ve. La différence entre les deux dépendrait de la façon de résoudre les problèmes au cœur du récit.
Méthodologique : découpe chaque scène, chaque personnage, résout les problèmes à l’aide de concepts et théories. Se sent excité par l’apprentissage de nouvelles choses sur la technique d’écriture.
si on se croit intuitif et qu’on ne l’est pas, on écrit des histoires ennuyantes qui ne marchent pas, sans savoir ce qui ne marche pas.
Intuitif : ne se repose pas sur des théories de compréhension, uniquement sur ses tripes. Juge la technique trop restrictive et enfermante.
si on se croit méthodologique et qu’on ne l’est pas, on peut savoir si une histoire fonctionne et non, sans lui appliquer de théories ou sans savoir expliquer sa structure.
Bref, en tant qu’architecte à forte tendance méthodologique, je suis allée regarder également cette vidéo : comment transformer une idée en intrigue.
Et depuis, j’ai envie de l’appliquer à toutes les idées de fictions qui trainent dans mes carnets pour voir lesquelles pourraient avoir un soupçon d’avenir. Pas si facile à faire mais sûrement très aidant sur le long-terme pour moi. J’ai ainsi recommencé à prendre plein de notes de décortiquage sur un projet d’histoire ébauché en 2022-2023. Que je vais sans doute simplifier, tant il me semblait riche en sous-intrigues et pour avoir une chance de le mener à terme sans me décourager.
Voilà, c’est la petite joie du moment ! Plein de projets naissent en parallèle de celui en cours et c’est un élan qui soutient l’effort général quand on commence à avoir l’impression que ça s’étire trop en longueur.
Et vous, des astuces ou révélations techniques qui vous ont aidés ?



Mon astuce ? Faire appel à une rédactrice pour un projet de livre pour enfant 😏